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jeudi 13 octobre 2011

Le Monde - De la Toile à la Constituante : sept candidats blogueurs tunisiens (EXTRAIT °

13 octobre 2011
 



SEPT CANDIDATS BLOGUEURS (Extrait) 


Sept des quelque 11 000 candidats à l'élection pour l'Assemblée constituante sont ainsi des blogueurs, qui ont décidé de mettre leur engagement au service de la population, en s'engageant, non pas au sein de partis, mais sur des listes indépendantes :

 


Adib Samoud (sa page Facebook), photographe, vétérinaire et militant pour l'environnement se présente dans la circonscription de Nabeul 1 à la tête de la liste indépendante Ayoun Harisa عيون حريصة ("Regards vigilants"). Sur le site Internet de Ayoun Harissa, Adib Samoud affirme que sa liste "porte avant tout un projet constitutionnel, mais l’Assemblée constituante étant amenée à faire des lois et à prendre des décisions politiques, nous avons aussi un programme économique et social, ainsi qu’un programme politique". Les idées force de leur projet sont : une éco-constitution, cinq institutions constitutionnelles (Haute Cour constitutionnelle, Haute Cour de justice, Conseil supérieur des libertés, Conseil supérieur économique social et culturel et Conseil pour la surveillance des dépenses de l’Etat). Ayoun Harissa se dit par ailleurs attaché aux "libertés fondamentales, à la séparation des pouvoirs et à un système où existe un équilibre entre le législatif et l’exécutif".

 Pour lire la totalité de l'article cliquer ici

Tunisia Live a suivi Adib Samoud pour un portrait


Le reporter de Tunisia live nous a suivi tout au long de la journée afin de faire un portrait du Docteur Adib Samoud  durant la campagne mais aussi durant sa vie quotidienne dans son travail auprès des éleveurs de la région.







La campagne électorale عيون حريصة regards vigilant ... Le 13 octobre 2011




 















Reportage : Deux indépendants au regard vigilant par Rafaël Primeau-Ferraro

De gauche à droite : Adib Samoud, Dominique Lagarde (journaliste) et Sanda Barboura


Lorsque vous tombez face à face avec Adib Samoud et Sanda Barboura c'est la première chose qui vous frappe : leur regard. Du moins, c'est ce que j'ai ressenti. Car si le nom qu'ils ont choisi pour la liste indépendante qu'ils présentent à Kélibia a quelque chose d'efficace, c'est qu'il permet de décrire le couple politique d'une façon assez précise.
Attelés à une table sur le toît d'un de ces populaires cafés situé près de la Kasbah, Sanda et Adib donnent l'impression de se compléter, autant dans leur vie personnelle qu'en politique, lorsqu'ils expliquent le programme de la liste indépendante qu'ils ont créée, Regards Vigilants. Toujours souriants et vifs d'esprit, les deux terminent les réponses de l'autre quand un élément important n'a pas été suffisamment détaillé à leur goût. Et leurs idées, ils prennent le temps de bien les décrire car elles représentent les raisons pour lesquelles les deux candidats se présenteront comme indépendants à l'élection plutôt qu'avec un gros parti.
Ce n'est pas qu'ils n'ont jamais songé à joindre les rangs d'une force politique déjà établie, au contraire, ils l'ont considéré. Toutefois, certaines situations ont fait en sorte qu'ils ont préféré faire cavalier seul. Par exemple, l'indifférence qu'ils ont perçus chez un trop grand nombre de partis et d'acteurs politiques majeurs lorsqu'a eu lieu l'incendie criminelle de la forêt Dar Chichou en juillet dernier. « Lorsqu'on a remarqué que les autorités et les principaux partis semblaient prendre ce feu à la légère, on s'est dit go, il faut y aller seul afin que l'on puisse défendre les idées qui nous tiennent vraiment à coeur » mentionne Adib en expliquant les raisons motivant la décision du couple.
Avant de poursuivre sur les principaux enjeux qui sont à l'avant-plan du programme de la liste qu'il a co-fondée, Adib nous a partagé quelques-unes de ses expériences personnelles qui l'ont fait connaître en Tunisie. Vétérinaire de profession, il a commencé, à partir de 2004, à être actif dans l'Internet en mettant sur pied une sorte de journal s'attardant aux nouvelles internationales et à l'économie équitable. En quelque temps, de plus en plus de personnes se sont mises à consulter ses articles et ses sujets commençaient à toucher d'une façon plus ou moins directe à la politique tunisienne. En 2007, la visibilité d'Adib a considérablement augmentée lorsqu'il a grandement contribué à mettre sur pied le Maghreb blog et que le site a diffusé une pléiade de photos et d'articles concernant la caricature du prophète Mahomet qui avait été dessinée deux années auparavant. « Cela avait créé un véritable buzz autour du site à un point tel que nous nous sommes retrouvés dans le Top 24 des blogues les plus consultés selon le classement Lonely Planet » raconte le principal intéressé.
Quelques temps plus tard, le blogue a cessé ses activités en raison d'un problème technique. Pas de chance pour son auteur, le serveur du site était canadien(!) et presque toutes les données ont été perdues. Cela a amené Adib à utiliser davantage Facebook et c'est à ce moment que ses commentaires étaient dirigés plus fréquemment contre le régime dictatorial en place à l'époque. Malgré son opposition connue contre le gouvernement, il n'a jamais été arrêté par les policiers ou tabassé comme certains autres de ses collègues. La raison étant « qu'il critiquait tout en restant subtile et qu'il savait jusqu'où il pouvait aller sans qu'il y ait de conséquences ». Bref, Adib n'a jamais voulu publier de messages qui auraient pu mettre la sécurité de sa famille en danger.
Lors de la Révolution de janvier dernier, il a été très actif sur les réseaux sociaux et ce fut surtout le cas au moment où un de ses amis aussi blogueur, Slim Amamou, a été arrêté autour du 7 janvier. « Au moment où Slim a été emprisonné, nous nous sommes dit qu'on ne pouvait plus arrêter, car si les faux discours de Ben Ali visant à satisfaire les manifestants venaient qu'à faire effet et à rétablir le calme, on se serait tous fait mettre en prison les uns après les autres ». Évidemment, cette éventualité ne s'est jamais produite et Slim Amamou a été libéré le 14 janvier avant que l'ex-président ne prenne la fuite pour l'Arabie Saoudite.
Si Adib n'a jamais été violenté par les forces de l'ordre, il n'en a pas moins été harcelé plus souvent qu'à son tour. Des enquêtes bidons ont été effectuées sur son compte et son téléphone était constamment sur écoute. Il raconte même savoir que ses conversation téléphoniques sont encore espionnées à l'occasion car il lui arrive d'entendre la voix de la « troisième personne » au bout du fil! Et ce qu'il y a de plus fascinant, c'est que le tout ne semble pas l'importuner outre mesure. Il raconte la situation avec un sourire en coin ainsi qu'un ton de voix et un regard qui transpire la bonhomie.

L'équipe de Regards Vigilants

Sa conjointe Sanda, avocate de formation ayant obtenue sa licence en France, a une attitude similaire et elle déballe avec autant de passion les priorités de Regards Vigilants. Le premier enjeu que les deux candidats soulèvent lorsque questionnés à ce sujet est l'environnement. « Il faut protéger l'écologie du pays ainsi que les sites archéologiques. Il n'y a pas suffisamment d'attention qui est portée sur ces sujets actuellement. La pollution représente un problème très sérieux, car en plus de contribuer à la détérioration de la santé de la population, cela détruit la nature à long terme» explique la première femme sur la liste du parti.
Au niveau de la religion, le parti estime que le concept de laïcité est certes intéressant, mais que le fruit n'est pas mur à l'heure actuelle. « Il est donc nécessaire d'introduire une référence à l'Islam comme étant la religion officielle de la Tunisie dans l'article premier de la future Constitution, tout en insérant une autre disposition garantissant la liberté de culte » selon Adib.
De plus, les deux indépendants estiment que la Tunisie post-révolution doit pratiquer un Islam ouvert et ils doutent que les partis religieux veuillent vraiment suivre cette direction. « La base électorale de ces derniers étant plus souvent qu'autrement très religieuse, un parti islamique tel que Ennahda, une fois au pouvoir, s'inspirerait immanquablement des principes de la religion pour rédiger des lois, ce qui serait néfaste pour la Tunisie » de renchérir Sanda.
La préservation des acquis de la femme ainsi une réforme de l'éducation dans l'objectif de rehausser la qualité des diplômes figurent également à l'agenda de Regards Vigilants.

Adib Samoud en pleine campagne électorale

Sanda et Adib demeurent confiants face au futur de la Tunisie, et ce peu importe le résultat du vote le 23 octobre. « Je ne crois pas que les gens vont opter pour les partis extrémistes, car tous désirent stabiliser le pays. Et oui, je demeure positif face à l'avenir, car la situation ne pourra pas être pire qu'auparavant. Le peuple a trop travaillé pour obtenir sa Révolution, des changements doivent maintenant se produire » conclu Adib sur une note confiante.
Conscients de la pente abrupte qu'ils ont à surmonter afin d'obtenir un siège à l'élection, les deux candidats maintiendront leur rythme de campagne effréné et continueront de distribuer des autocollants en forme d'oeil, le logo du parti, jusqu'à la toute fin. Même si leurs chances de succès demeurent modestes, il sera intéressant de surveiller si la vision de Regards Vigilants parviendra à causer une surprise en se frayant un chemin jusqu'à la Constituante.

jeudi 6 octobre 2011

Exclusif / Adib Samoud (Tête de la liste indépendante : « Regards Vigilants ») : Si nous ne changeons pas les choses nous-mêmes, personne ne les changera pour nous.

Jeudi, 06 Octobre 2011



 

Regards vigilants est une Liste indépendante sur Nabeul 1. Elle est constituée de jeunes rompus à l’action civile et à la vie association. 
Une grande volonté les anime pour servir la patrie, à la façon que lui veut cette jeunesse qui a fait la révolution, sans d’ailleurs faire trop de tapage sur ce slogan récupéré par tous les autres. 
Ses membres sont : Adib Samoud (vétérinaire), Imen Younes (médecin), Kais mechaal (vétérinaire), Sanda Barboura (juriste) , Abdelkarim Sidhom (cadre en économie et finances), Wafa Gannouchi (master gestion et finances), Adel Haddad (chef d’une entreprise citoyenne en confection).
Des profils qui séduisent, des discours qui accrochent et des idées qui font rêver. Voilà de quoi résumer ces « regards vigilants » ! Et voilà les propos d’Adib Sammoud pour mieux y entrer : 



 1 - Adib Samoud, pouvez-vous nous dire d’abord comment vous est venue l’idée de présenter une liste indépendante pour l’élection de la constituante ?

J’ai été à la Kasbah 1 et 2 et dès l’annonce de la tenue d’élections, j’ai décidé de me présenter en pensant que c’était une candidature uninominale et par circonscription. Par la suite la loi électorale a mis en place un mode de scrutin défavorisant les listes indépendantes et j’ai baissé les bras.
Mais le 14 juillet 2011 un feu de forêt criminel s’est déclaré dans la forêt de Dar Chichou (Kerkouane). Face à l’immobilisme des autorités, j’ai fermé ma clinique, j’ai rejoint un groupe d’amis et pendant 10 jours avec nos petits moyens nous avons tenté d’éteindre la forêt. Un soir, en rentrant, un grand parti donnait un meeting à Kélibia, sur l’amphithéâtre planait une forte odeur de feu de forêt. Durant plus d’une heure de discours, le président du parti n’a pas dit un mot sur la catastrophe qui touchait les habitants de Kélibia et de la région et là j’ai décidé de m’engager, car si nous ne changeons pas les choses nous-mêmes, personne ne les changera pour nous. 

2 - Sur quelle base avez-vous établi cette liste et y a-t-il eu des tensions pour le classement des noms, comme pour certaines listes de partis ?

On a approché plusieurs personnes et d’abord une personne a adhéré à notre projet puis une seconde etc … Nous avons choisi des personnes intègres et n’ayant pour autre objectif que de travailler sur le terrain afin de faire parvenir notre voix à la Constituante. Nous n’avons vécu aucune tension concernant le classement, chacun sachant que le travail de tous ne mènerait que la tête de liste à la constituante.

3 - Votre liste porte-t-elle un projet constitutionnel ou un projet politique ?

Notre liste porte avant tout un projet constitutionnel, mais l’Assemblée constituante étant amenée à faire des lois et à prendre des décisions politiques, nous avons aussi un programme économique et social ainsi qu’un programme politique 

4 - Quelles sont les idées forces de votre projet ?

Une éco-constitution, 5 institutions constitutionnelles : haute cour constitutionnelle, haute cour de justice, le conseil supérieur des libertés, conseil supérieur économique social et culturel et le conseil pour la surveillance des dépenses de l’état. Bien sûr nous sommes attachés aux libertés fondamentales, à la séparation des pouvoirs et à un système où existe un équilibre entre le législatif et l’exécutif. 

5 - Est-ce que ces idées n’ont pas de présence dans les programmes des partis existants, pourtant si nombreux ?

Concernant l’éco-constitution, je peux vous affirmer que pratiquement aucun des points des nombreux programmes ne donne de place à l’écologie et aux conséquences catastrophiques de la pollution sur la santé humaine et animale.
Concernant les 3 dernières cours aucun programme ne prévoit d’institution pour garantir la bonne utilisation des deniers publics, pour planifier à court, moyen et long terme les choix sociaux, économiques et stratégiques, pour encourager la diffusion de la culture et surtout pour permettre à chaque citoyen de voir ses libertés respectées. 

6 - Vous vous êtes distingué, personnellement, par votre engagement associatif, votre militantisme environnemental et votre sensibilité artistique et culturelle. Quel rôle entrevoyez-vous à ces trois volets dans la Tunisie d’aujourd’hui et de demain ?

La société civile est le garde-fou de toute démocratie, il est important d’encourager la création d’associations et les pousser à travailler.
Quant à la culture, un peuple ignare est un peuple perdu, notre objectif après 23 ans d’obscurantisme est que le droit à la culture soit un droit constitutionnel et que l’état participe à la production et à la diffusion de la culture à travers tout le pays ainsi qu’à la promotion de notre culture à l’étranger. 

7 - Vous avez été au premier rang de l’action de mobilisation pour la forêt Chichou, pouvez-vous nous dire votre pensée profonde sur les responsables de cet incendie et leurs motivations ?

C’est un incendie criminel dont les motivations sont purement spéculatives, il y a eu beaucoup de complices et plus de 2 mois après aucun des criminels n’a été interpellé.
Aujourd’hui la forêt est en train d’être vendue sur internet et des maisons construites à l’intérieur de la forêt et sur les ruines qui la bordent.
Pour moi c’est un crime contre l’humanité et contre notre patrimoine écologique et archéologique et j’espère que ces gens seront jugés pour leur crime qui met en danger l’existence de toute notre région qui, si la forêt n’est pas reboisée, sera ensevelie sous des milliers de m3 de sable. 

8 - Comment se déroule votre campagne électorale sur le terrain et comment se présente pour vous la situation financière ?

Sur le terrain, alors que les paysans ont une grande confiance dans les listes indépendantes et surtout en nous, la classe moyenne, et la classe intellectuelle est divisée entre 54 listes pour 7 places.
La lutte avec les grands partis est inégale. Nous n’avons pas le droit d’avoir des aides de particuliers, alors que les partis peuvent à tout moment avoir de nouveaux adhérents et des dons. Nous sommes le 5 octobre et nous n’avons reçu l’argent de l’état que le 2 octobre ; ainsi nous n’avons toujours pas de moyens de paiements, 70% des paiements devant être fait par chèque.
Après des mois de propagande pour les partis sur tous les médias nationaux et internationaux, au moment même où nous avons notre autorisation en tant que liste indépendante, nous n’avons pas le droit de faire de publicité, nos apparitions dans les médias sont très limitées et on nous interdit d’apparaître dans les médias étrangers. Comme vous pouvez le comprendre, les dés sont pipés.
D’autre part nous constatons un jeu déloyal sur le terrain, avec des menaces proférées afin d’influencer le vote des gens, l’achat de voix et aussi la destruction immédiate et quotidienne des affiches. 

9 - Quelles sont alors, à votre avis, les chances des indépendants devant la machine des partis et le système électoral monté à leur avantage ?

Les partis ayant une logistique et un financement sont bien armés face aux listes indépendantes, ils propagent en outre l’idée que ces dites listes ne sont pas « utiles » et éparpillent les voix. Nous pensons au contraire qu’il est important pour notre pays que des indépendants hors de toute logique électorale future soient présents à la constituante pour défendre les acquis passés et participer à la transition démocratique.
Au vu de ce que nous constatons chaque jour durant notre campagne, nous sommes confiants. Nous occupons le terrain et les gens ont confiance en nous, nous ne dépendons de personne, nous n’avons pas d’ordres ou de personnes parachutées par la tête d’un parti. Beaucoup de gens n’ont pas confiance dans les partis et je pense que si nous, les listes indépendantes, nous nous faisons connaître (par nos petits moyens), les gens auront plus tendance à voter pour nous. 

10 - Le mot de la fin ? 

Nous ne nous proclamons pas comme des opposants à l’ancien régime, nous ne nous proclamons pas comme des défenseurs de la révolution, nous ne promettons pas 1 million de postes de travail, mais nous engageons notre crédibilité envers les votants et envers la patrie pour participer à l’élaboration d’une constitution qui projettera la Tunisie parmi l’élite des nations. Nous aimons notre pays et lui voulons le meilleur, pour lui et pour son peuple. Et pour mieux nous connaître, il y a au moins notre blog : http://constituantenabeul.blogspot.com/

Entretien réalisé par Ahmed Gacem

Source de l'article cliquez ici

mardi 4 octobre 2011

Tunisie. La lutte inégale entre les partis et les listes indépendantes - Mardi 04 Octobre 2011 07:35

Abderrazak Lejri* écrit – Les indépendants ne représentent pas une menace pour la cohésion de la Constituante, mais une chance pour l’avenir de la Tunisie. 

Depuis la publication des statistiques sur les listes des partis et des indépendants totalisant 1.600 inscrits, démontrant la vitalité de la société civile, le débat fait rage sur la prolifération des listes indépendantes comme on s’est interrogé auparavant sur la prolifération – somme toute explicable après des décennies de dictature – du nombre de partis au fur et à mesure de l’obtention de leurs visas.

A moyen terme, pour ce qui est des partis, la réalité du terrain et la sanction des urnes opérant, on peut s’attendre à ce que, sous l’effet des coalitions et une fois les plaisantins opportunistes dégagés de la scène politique, le jeu sera clarifié et les partis auront la priorité pour jouer leur rôle dans un cadre démocratique, ce qui est loin d’être le cas dans la foire d’empoigne d’aujourd’hui.

Le spectre de l’émiettement des voix
L’existence d’un nombre d’inscrits indépendants, qui avec 700 listes représentent 41%, n’est pas une catastrophe comme veulent argumenter les membres des partis en lice sous prétexte d’émiettement des voix préfigurant l’avènement d’un groupe de 217 personnes d’avis différents pouvant être dissonants voire paralysants lors des débats de la Constituante.

Ayant passé le temps des chamailleries (il est plus approprié de parler d’accusations éhontées et de violences verbales voire physiques) entre eux pour cause de concurrence électorale et de «drague» des électeurs potentiels en-dehors de toute règle déontologique, les partis se retournent en ce moment contre un ennemi commun tout trouvé : les listes indépendantes boucs émissaires désignés cibles de leurs attaques et invectives.

Les partis – qui sont appelés à exercer le pouvoir –, et que personne n’empêche de commencer à préparer leur vision de la gouvernance, se trompent d’échéance en agitant le spectre de la confusion et d’émiettement des voix si l’électeur opte pour les listes indépendantes lors des élections du 23 octobre.

Or dans le cas d’espèce, on oublie que l’échéance du 23 octobre a pour première priorité la fondation d’une nouvelle république dont le premier acte est la rédaction de la nouvelle Constitution.

Le rôle d’opposition interne
Durant cette première étape, ce que les Tunisiens veulent, c’est une Constitution qui traduise non la volonté hégémonique de certains partis via leurs pièges sémantiques ou leurs manœuvres politiciennes – la quête du pouvoir pouvant conduire aux pires dérives et compromissions via les alliances – mais  celle d’une société civile plurielle qui est représentée par des indépendants qui ont toutes les chances de refléter les différentes composantes du peuple.

Le fait que la majorité des indépendants n’ont pas intégré les partis selon leurs sensibilités politiques (c’est ce qui leur est reproché par ces derniers) traduit justement l’échec de ces mêmes partis à convaincre les premiers d’un ralliement soit à leur doctrine soit à leur façon d’opérer.

Les autres causes qui expliquent ce phénomène sont le manque de confiance et la désaffection toute naturelle envers ceux qui du temps de Ben Ali ont joué le rôle de fausse opposition et la majorité des nouveaux d’entre eux qui véhiculent une image négative et in fine pour la bonne raison que la révolution – qui a surpris tout le monde – s’est faite en dehors des partis.

Les indépendants se voient justement reprocher leur indépendance, jugés qu’ils sont d’être des électrons libres dépourvus de bon sens, de capacité de débattre de façon consensuelle et de rébellion contre les appareils, comme si l’affiliation à un parti permet d’absoudre tous les défauts.

Bien au contraire, le fait qu’un membre de parti est redevable de comptes au sien le rend aliéné à sa ligne politique sauf en cas de débat démocratique interne dont on peut douter en ce moment alors qu’il y a lieu de penser qu’un indépendant aura un contrat direct avec le peuple via les électeurs qui l’auront choisi l’autorisant a priori à défendre les intérêts supérieurs de la nation en-dehors de toute contrainte d’appareil et avec d’autant plus d’indépendance que certains n’ambitionnent même pas de se présenter à titre personnel aux législatives.

Il est des associations plus organisées, plus efficientes et plus actives que bien des dizaines de nouveaux partis qui tiennent davantage de regroupements familiaux.

Au contraire, la présence des indépendants au sein de la Constituante permettra de bâtir avec les représentants des partis qui sont sincères les fondamentaux de la nouvelle république – et au cas où – de jouer en plus d’acteur de propositions, le rôle d’opposition interne aux éventuelles dérives de certains partis qui tenteraient de piéger le texte de la nouvelle Constitution et d’alerter par le relais des médias, l’opinion publique.

Entre les concepts et les réalités
Les partis qui mettent en avant surtout leurs programmes économiques et sociaux en ce moment pour les élections de la Constituante sont en train de tromper l’opinion publique comme l’a si bien affirmé, lors d’un débat restreint, le penseur Youssef Seddik qui conduit une liste indépendante à l’Ariana.

Il est vrai que, face aux attentes urgentes sur tous les plans des populations démunies, la constituante et la démocratie peuvent être qualifiées de concepts théoriques pour des intellectuels nantis et les personnes en situation de précarité ne peuvent avoir la lucidité ou le bon sens d’admettre qu’on va mettre le court terme entre parenthèses et on ne peut leur demander de se projeter dans le long terme eux qui vivent dans la désespérance quotidienne (pour un ouvrier journalier le long terme c’est le mois prochain).

A contrario, ceux qui ne sont pas en situation économique difficile vivent avec un extrême bonheur la révolution du 14 Janvier qui les a surpris en leur apportant sur un plateau le pain béni, tant les débats d’idées, les libertés et les prémices même balbutiants de démocratie dont ils ont été longuement sevrés viennent en complétude d’une vie végétative tronquée.

Contrairement aux petits bourgeois pour qui rien n’est jamais assez parfait, pestant quotidiennement contre le désordre, les mendiants qui les indisposent et les poubelles qui polluent leurs quartiers, ceux qui n’ont ni emploi, ni poubelles (exclus de la consommation, ils n’ont ni contenu ni contenant) et qui quémandent les 450 millimes pour leur café quotidien pour remplir leurs longues et mornes journées jalonnées d’ennui et d’attente, ne sont pas en disposition d’admettre la logique qu’on les fasse attendre davantage.

C’est sur ce terreau fragile (il y a des naïfs qui croient aux miracles) qu’un héraut de l’imposture à la tête du parti-entreprise Upl a bâti son discours illusionniste truffé de promesses trompeuses et diffusé par force marketing et lors d’une grande messe électorale digne de Citizen Kane : plus d’un million d’emplois et 10% de croissance ici et maintenant et j’en passe !

Le nécessaire sursaut des indépendants


On remarque un essoufflement de l’ardeur combattive et une certaine démobilisation qui gagne quelques franges de la société civile et plus particulièrement la jeunesse qui paraît de plus en plus découragée et désabusée.

On peut tenter d’expliquer les raisons de ce désenchantement par une déception quant au mauvais rendu sur les dossiers vitaux d’un gouvernement provisoire qui n’a pas répondu aux attentes d’une jeunesse impatiente et le piteux spectacle d’une certaine classe politique irresponsable et opportuniste.

Il y a aussi le dégoût que leur inspire la collusion de la politique et l’argent (sur ce plan, il leur paraît que rien n’a vraiment changé), et il faut rappeler que le pouvoir de Ben Ali n’a vacillé puis n’est tombé que lorsqu’en plus d’avoir été dictatorial, il est devenu vénal au-delà des limites extrêmes et intolérables.

Or l’aspect vénal qui caractérise l’approche de certains partis affichée ou sous-terraine même avec des gardes fous démocratiques risque d’aboutir à une autre dictature : celle de l’argent dont les effets pervers ne sont pas moins néfastes comme on le voit aux USA, en France et en Italie, où les puissances financières aux pouvoirs débridés ont non seulement asservi l’exécutif mais paupérisé la majorité des classes moyennes.

Sommes-nous en train de nous acheminer vers un scrutin où les «minorités agissantes» à qui on doit la révolution : femmes, jeunes, populations des régions – selon la fatalité historique où toute révolution bénéficie davantage aux opportunistes et aux profiteurs qu’à ses initiateurs – ne vont rien peser face aux appareils structurés ?

Aurons-nous le 24 octobre la gueule de bois suite à une marginalisation des indépendants au sein de la Constituante alors que jusqu’à maintenant, sur le plan symbolique, notre révolution a impressionné le monde entier par la formidable implication des jeunes adossés aux nouvelles technologies, la stricte parité imposée sur les listes électorales, un niveau jamais atteint d’implication de la société civile via les listes indépendantes, etc. ?

A 20 jours de l’échéance cruciale des premières élections libres, en dépit d’une lutte inégale avec les partis et de la première fausse note de l’Isie par l’octroi d’une allocation de campagne électorale insignifiante, la société civile et les indépendants ne doivent pas baisser la garde et se doivent de relever le défi, car s’ils sont indépendants, ils ne sont pas seuls.

* Membre de la Ligue tunisienne pour la citoyenneté (Ltc).

Source cliquer ici  

NB nous avons souligné les passages qui nous ont paru les plus intéressants 

samedi 1 octobre 2011

interview de Adib samoud par Dominique Lagarde Grand reporter à l'express - Regards Vigilants عيون حريصة





Le Grand reporter à l'express, Dominique Lagarde,  a contacté Adib Samoud pour une interview son engagement pour les élections à l'assemblée constituante.

Nous l'avons rencontrée à Tunis autour d'un café. Le Dr Adib Samoud et Sanda Barboura lui ont présenté leurs avis sur la situation politique actuelle et leur critiques ainsi qu'une vision pour l'avenir de la Tunisie. Ils ont défendu la nécessite d'une écoconsitution ainsi que les différents moyens de développer le région de Nabeul et les régions défavorisées en général. 

Séduite par leur engagement, Madame Dominique Lagarde a décidé de les suivre lors de la campagne électorale  à Kélibia et les a rejoins pour un reportage sur le terrain. 

Adib Samoud - Dominique Lagarde (l'Express) - Sanda BARBOURA



vendredi 23 septembre 2011

Tunisie, l'après Ben Ali - En Tunisie, des blogueurs ont décidé de présenter leur candidature aux élections de l’Assemblée constituante, le 23 octobre.

 
Publié le 23 septembre 2011 à 22h47


Ils sont plusieurs activistes du Net à se présenter aux élections
 
Ils sont plusieurs activistes du Net à se présenter aux élections SIPA
Jusqu'à présent ils occupaient la Toile. Ils veulent désormais prendre les urnes et légalement. « Ils », ce sont les jeunes internautes qui ont été dès le début de la « révolution de jasmin » on ligne et en première ligne. A présent, ils se sentent prêts pour se lancer sur le terrain politique. Ils s'appellent Adib Samoud, Amira Yahyaoui, Imen Braham, Mehdi Lamloum, Riadh Guerfalin, Tarek Kahlaoui ou Yassine Ayari. Tous présentent leur candidature aux élections à l'Assemblée Constituante prévue le 23 octobre prochain.

Cyberactivisme et citoyenneté

Yassine Ayari, cyberactiviste et candidat, refuse toutefois de se présenter comme blogueur : « je ne suis pas “blogueur”, je suis un jeune tunisien, qui pense qu'il a des choses intéressantes à dire et à faire et qui veut participer à construire une meilleure Tunisie. […] j'aspire a être un homme publique qui a un blog, pas un blogeur qui veut faire de la politique ». Ce dernier a été, aux côtés de Slim Ammamou, retenu des heures par la police le 21 mai 2010, pour avoir préparé une manifestation contre la censure prévue le lendemain de leur arrestation. Cette élection sera différente de celles qui avaient lieu sous l'ère Ben Ali. À l'époque son parti obtenait 90 % des suffrages. En lice pour l'élection du 23 octobre : pas moins de 1.700 listes qui se disputeront les 218 sièges de l'Assemblée constituante. Pour être élus, nul doute que ces « citoyens » du Web qui ne sont pas à l'image de la majorité des candidats vont faire usage de leurs armes : les réseaux sociaux.

Source cliquer ici

Libération - Tunisie: les blogueurs à l’assaut de l’assemblée constituante - 14 septembre 2011

Voici un article publié dans le journal Français libération

Au lendemain du 14 janvier 2011, la nomination du blogueur et cyberactiviste Slim Amamou comme secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports, relayée par les médias internationaux comme un événement historique, a constitué un véritable espoir pour la jeunesse connectée de voir les valeurs et les idées qu’elle n’a cessé de défendre portées aux plus hautes sphères d’un gouvernement gérontocrate. Mais cet espoir s’est peu à peu évanoui et il est aujourd’hui indéniable que la nomination de Slim Amamou n’était en fait qu’une manœuvre politique destinée à amadouer les virulents jeunes internautes tunisiens.
Les internautes et plus particulièrement les blogueurs ont compris que le changement profond qu’ils attendaient ne pouvait se faire que depuis la société civile vers ce gouvernement illégitime et non l‘inverse. Ils se sont ainsi rendus à l’évidence qu’il était très difficile de changer le système tel qu’il est encore aujourd’hui en l’intégrant et que l’étape de construction de la Tunisie post Ben Ali n’est toujours pas amorcée.
Le rôle du blogueur, dans la période après 14 janvier, s’est ainsi illustré dans la condamnation des abus de ce gouvernement et dans l’analyse de la scène politique, un rôle d’observateur et un outil d’alerte et de vigilance populaire. Dans la cacophonie ambiante, le blogueur a continué à crier avec le peuple, en espérant que sa voix soit entendue.
La course pour l’élection de l’assemblée constituante a débuté. Et l’on a ainsi pu voir, parmi les 1750 listes déposées, plusieurs blogueurs se déclarer candidats à ces élections. Sur leurs blogs, ils ont pris l’initiative et parfois même le risque d’exposer publiquement leurs idées. La notoriété qu’ils ont pu acquérir sur la toile par leurs prises de position peut constituer aujourd’hui une garantie de leur intégrité et de la sincérité de leur engagement.

Capture d’écran 2011-09-14 à 12.55.54 C’est certainement le cas de Amira Yahyaoui. Figure emblématique de l’internet tunisien, fille du juge Mokhtar Yahyaoui, elle a longtemps milité pour la liberté d’expression et participé à de nombreuses actions anti-censure en Tunisie. Elle est l’une des initiatrices de l’action «Nhar ala Ammar» du 22 Mai 2010, initiative citoyenne et indépendante qui a alerté l’opinion populaire sur la réalité de la censure sur Internet et a certainement contribué à réveiller la conscience politique de nombreux Tunisiens. Amira Yahyaoui se présente en tête d’une liste indépendante en France: «sawt mostakel (voix indépendante). Sur le site sawtmostakel.com, Amira Yahyaoui déclare: «Jusqu’alors, mon engagement politique en Tunisie se faisait dans l’opposition. Aujourd’hui je veux proposer et construire».

Le cyberactiviste et blogueur Yassine Ayari a lui aussi participé à l’action Nhar ala Ammar. Il s’est fait connaître en acceptant, avec Slim Amamou de co-signer la déclaration de la manifestation du 22 Mai 2010 envoyée au Ministère de l’Intérieur tunisien. C’est d’ailleurs avec Slim Amamou qu’ils se font arrêter la veille de la manifestation pendant plusieurs heures, ce qui aura pour conséquence d’avorter la première manifestation anti-censure en Tunisie. Depuis, cet ingénieur informaticien, s’est distingué par plusieurs actions et son blog fait polémique parmi les internautes tunisiens. En se présentant tête de la liste «Al chabeb al ahrar» (les jeunes libres) à Zaghouan, il veut briser cette étiquette de «blogueur»: «J’aspire à être un homme publique qui a un blog, pas un blogueur qui veut faire de la politique» écrivait-il dernièrement sur son blog.
Capture d’écran 2011-09-14 à 13.03.34 Le blogueur Riadh Guerfali, plus connu sous le nom de Astrubal et cofondateur du Blog collectif Nawaat,a également été une figure de proue dans le combat anti-censure en Tunisie. Docteur en droit public, ayant enseigné plus d’une quinzaine d’années en France, il est spécialisé dans le droit constitutionnel, les institutions politiques et le droit des nouvelles technologies de l’information. Riadh Guerfali est non seulement apte à imposer ses idées en matière de protection des libertés individuelles mais possède en plus les outils juridiques nécessaires à l’élaboration de cette nouvelle constitution. Celui qui a vécu dans l’anonymat jusqu’au départ de Ben Ali, se présente en tête de la liste indépendante «Al-Jalaa» (L’évacuation, référence à la crise de Bizerte de l’été 1961) dans sa ville natale, Bizerte.
Parmi ces blogueurs engagés, on retrouve également Tarek Kahlaoui en tête de la liste indépendante «Sawt Echabab» (la voix des jeunes). Ce professeur assistant au département d’Histoire de Rutgers University au New Jersey (USA) et cofondateur du journal en ligne Al Machhad attounissi (la scène tunisienne), n’a cessé de militer pour la liberté d’expression. Son engagement politique n’est pas récent, il était déjà actif dans les mouvements estudiantins lors de ses études universitaires en Tunisie. Son blog avait été censuré en février 2010.
Capture d’écran 2011-09-14 à 13.05.57 D’autres blogueurs ont choisi, contre toute attente, de faire leur entrée sur la scène politique et d’afficher publiquement leur engagement malgré leur silence pendant les années où les voix manquaient. Ces blogueurs qui s’autocensuraient au temps de Ben Ali, par fatalisme ou par peur, veulent aujourd’hui saisir cette opportunité de participer à la construction d’une Tunisie à leur image. C’est le cas du blogueur Mehdi Lamloum, dont le blog Pink Lemon est une référence dans le domaine du webmarketing et de la communication. Ce jeune blogueur, très connu dans le monde des médias, a décidé de s’engager aux côtés de Youssef Seddik, éminent philosophe et anthropologue tunisien sur une liste indépendante présentée par ce dernier: «al mouwaten essedik» (le citoyen véridique). « En tant que citoyen, je sais que Youssef Seddik fera entendre ma voix dans l’Assemblée constituante. J’ai choisi de m’engager à ses cotés pour soutenir sa candidature».

Capture d’écran 2011-09-14 à 13.14.18 La blogueuse Imen Braham, plus connue sous le pseudo Moonsgirl, doctorante en environnement et fervente défenseuse de l’écologie et de l’open data se présente en cinquième de la liste «sawt mostakel» présentée par Amira Yahyaoui. Cette blogueuse férue de nouvelles technologies, s’est notamment distinguée après le 14 janvier 2011 aux côtés de Amira Yahyaoui en faisant pression auprès des autorités consulaires pour l’ouverture des bureaux d’inscription sur les listes électorales pendant les week-ends. Elles se sont ensuite portées volontaires pour l’inscription des futurs électeurs sur les listes électorales. Pour justifier sa candidature, Imen Braham déclare: «les jeunes doivent s’engager dans la vie politique puisque c’est notre avenir qu’on décide aujourd’hui avec cette assemblée. Etre cinquième de la liste Sawt Mostakel constitue pour moi le meilleur moyen d’afficher mon engagement pour les valeurs de la liste et de défendre notre vision d’une Tunisie où le citoyen prend le  pouvoir».



Le blogueur Adib Sammoud, vétérinaire de formation, présente une liste indépendante à la circonscription de Nabeul «Ouyoun harissa» (Regards vigilants). Le fer de lance de son engagement dans ces élections est l’instauration d’une «écoconstitution». Ce jeune homme s’est d’ailleurs fait connaître de son futur électorat lors de sa lutte contre l’incendie de la forêt de Chichou, près de Nabeul, à la mi-juillet.
Ces blogueurs, de par leur formation et des acquis de la toile, constituent une élite intellectuelle numérique. Les qualités d’un blogueur au sein d’une assemblée constituante sont indéniables. Ils possèdent la créativité et la fraîcheur qui manquent à ce monde politique figé. Ils sont également habitués à construire un raisonnement, à discuter les avis opposés via les commentaires qu’ils reçoivent sur leurs articles. Ils sont très au fait de l’actualité internationale, ont un œil sur le monde, ils sont capables de proposer des idées nouvelles et de les défendre. Et ils sont par dessus tout attachés à la préservation des libertés individuelles, car l’absence de liberté d’expression a touché tous ces blogueurs, de plus ou moins près.
Certains de ces blogueurs, en se présentant comme troisième ou cinquième de liste, n’ont clairement aucune volonté d’obtenir une place au sein de l’assemblée constituante. Il s’agit avant tout de porter des idées et des valeurs. C’est certainement pour ces mêmes raisons que tous ces blogueurs ont fait le choix de se présenter sur des listes indépendantes, faisant ainsi contre-pouvoir à ces partis qui continuent de décevoir la jeunesse. Ces jeunes tiennent par dessus tout à préserver la valeur citoyenne de la rédaction d’une constitution. Ils ne veulent pas laisser aux mains des partis le soin de rédiger une constitution qui ne finirait que servir les intérêts de ces partis. Il est d’ailleurs à noter que Slim Amamou, après avoir démissionné du gouvernement de transition, s’est engagé dans l’initiative «Afkar Mostakella» (idées indépendantes) qui vise à la promotion d’idées pour la constituante dédiées aux candidats indépendants.
Il est cependant difficile d’évaluer si la notoriété de ces blogueurs parmi les jeunes internautes tunisiens sera suffisante pour leur garantir un siège au sein de cette assemblée. Réussir à exporter cette notoriété et à se faire une place face aux partis dopés à la machinerie publicitaire sera sans nul doute le défi majeur de ces jeunes blogueurs.


Source: "Afrik.com" Le 23-09-2011

samedi 20 août 2011

Compte rendu de la réunion de la sous-commission pour la presse électronique et blogs de l’Instance Nationale Indépendante pour l’Information et la Communication

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par lina ben Mhenni
Aujourd’hui le lundi 28 Mars 2011 la sous-commission pour la presse électronique et blogs de l’Instance Nationale Indépendante pour l’Information et la Communication a invité un groupe de blogueurs et de journalistes du web à une deuxième réunion. La réunion a eu lieu au local de l’instance sis au 51 Avenue Jugurtha Mutuelleville. Les blogueurs et journalistes présents sont :
- Beheddine Hajri (blogueur)
- Emna Ben Jemaa (blogueuse et journalsite)
- Henda Chenaoui(blogeueuse et journaliste)
- Farouk Smari( blogueur)
- Fatam Riahi( Blogueuse)
- Naila Kilani( blogueuse)
- Dina Dellaji (étudiante en journalisme)
- Amine Ben Hmida(blogueur)
- Feten Abdelkafi Rekik(blogueuse)
- Sadok ben Mhenni(blogueur)
- Imene ( Joulanar)(blogueuse)
- Adib Samoud(blogueur)
- Lina Ben Mhenni( Blogueuse et membre de l ‘instance)
- Marwan Mani (journaliste)
- Bassem Bouguerra(blogueur)
-
D’autres personnes ont rejoint la réunion via Skype :
-Bassam Bounenni (journaliste et blogueur) problème de connexion
-Nehed (blogueuse) problème de connexion
- Abdelkarim Ben Abdallah (blogueur) (connexion impossible)
Les sujets qui ont été abordés durant la réunion sont :
-Le projet du code de la presse.
-Presse électronique : problèmes et attentes.
-Blogs.
Après discussion les présents se sont accordés à dire que le principe en matière de presse, de médias et de communication est la liberté totale d’expression. Partant de ce principe les présents ont :
-rejeté à l ‘unanimité le projet de code de la presse élaboré par une sous-commission de l ‘Instance présidée par Monsieur Iadh Ben Achour et ont aussi noté son caractère punitif et restrictif.
-demandé à le remplacer par une charte d’éthique ou déontologique dont le respect sera assuré par l ‘organisme réunissant les communicateurs et journalistes (à l’instar de l ‘ordre des médecins).
- préconisé de garantir le recours de tout plaignant qui souffrirait d’un organe de presse ou de communication dans le cadre des lois générales relatives à l ‘ordre public.
D’autre part les présents ont insisté sur le fait que les journalistes et autres communicateurs ont besoin de bénéficier d’une formation spécifique aux différents domaines de leur intervention afin d’améliorer leurs compétences altérées par les décades de censure et de limitations.
Pour ce qui est de la presse électronique il a été précisé que son intervention à l ‘instant actuel est encore limitée. L ‘attention a été attirée ici aussi sur la nécessité d’améliorer la performance des intervenants par des formations appropriées et par l ‘amélioration des conditions du travail et de rémunération.
Pour les blogueurs / blogueuses et activistes sur Facebook, il a été constaté que l ‘internet a été pratiquement le seul espace de liberté d ‘expression et d’information tout au long des dernières années de l ‘ancien régime. Et c ‘est pour cela que les cyber-activistes ont joué un rôle de premier plan dans la révolution.
Les présents ont aussi constaté que ce sont les internautes qui ont fourni aux médias étrangers les informations sur les évènements.
Partant de ce constat les présents ont conclu que le blogging a acquis ainsi ses lettres de noblesse en tant que média à titre entier approvisionnant à chaud en matière informative les autres médias et bénéficiant aussi de leur apport en tant que relais et diffuseur.
Les présents en sont parvenus à croire que cet espace de liberté devrait continuer à fonctionner comme il l ‘a fait jusqu ’à présent c.-à-d de façon linéaire, sans organisation formelle, et en assurant aux participants une solidarité continuelle mais volontaire et circonstancielle.
Ila aussi été constaté que le blogging relève plutôt du journalisme citoyen et qu’il n ‘a ainsi besoin pour s’épanouir que de liberté.
Cependant les présents ont aussi évoqué le chaos et les dépassements qui prévalent de plus en plus sur l ‘internet et les réseaux sociaux ce qui oblige à la réflexion et à la prise de mesures défensives et de correction.
Mais l’unanimité a été faite pour ce qui est du refus de tout recours à la censure.
Les discussions ont enfin abouti à la proposition suivante :
-Faire aboutir aux instances qui travaillent sur la constituante et la constitution l ‘idée qu’il est nécessaire d’établir une charte citoyenne affirmant les libertés fondamentales et notamment la liberté de conscience, la liberté d’expression et l ‘égalité des citoyens indépendamment de toutes leurs différences de sexe, de croyance, ou politiques et agir dans le sens d’inclure ces principes dans le préambule de la nouvelle constitution.
Les débats ont aussi touché d ‘autres questions qui n ‘ont pas encore reçu de réponses dont notamment :
-Est il nécessaire de faire bénéficier les internautes de cartes ‘professionnelles’ ? Et si oui selon quelles conditions ?
-Y ‘a-t-il un cyber-activisme professionnel ?
- Comment aider à élargir la sphère de la blogosphère et peut-on fournir une formation en la matière ?
 
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